samedi 6 novembre 2010

Histoire de la mouche Séraphine

On ne sait pourquoi, un jour, Séraphine, fine mouche pourtant, décida de profiter de l’ouverture de la fenêtre du premier étage pour pénétrer dans la chambre de Martin.

Séraphine détestait être enfermée mais depuis plusieurs semaines le désir fou de visiter la chambre de Martin lui trottait dans la tête ;

Hop ! voilà, chose faite et Séraphine, dans cette chambre bleue. Elle se disait, tout en voletant dans la pièce, que quand elle le voudrait, elle pourrait retrouver le bon air en repassant pas le même chemin…Rien de plus simple !

Elle allait de découverte en découverte : un grand bateau sur une commode. Un gros pot à crayons sur le bureau. Que de couleurs ! OH ! un reste de tartine beurrée sur ce coin là-bas…Quel régal, ses antennes frétillaient de bonheur. Un bzz par ici, un bzz par là… Un cadre avec un ours à la mer, son seau à la main, un énorme panda dans le lit !

Le temps passait mais c’était sans compter l’effet de monsieur Courant d’air. D’un coup, vlan ! et la fenêtre claqua au nez de Séraphine…Elle se mit à voler dans tous les sens cherchant une issue ; elle se cognait sans relâche contre les carreaux…

Elle se mit à battre si vite des ailes qu’elle s’écroula de fatigue sur l’oreiller de Martin.

Elle fut réveillée par les pas d’un petit garçon qui rentra dans la chambre. C’était Martin sûrement ! Il laissa tomber son cartable à terre et posa une grosse part de gâteau au chocolat sur sa table de chevet. Par l’odeur alléchée, Séraphine reprit un peu de vigueur.

Mais quand Martin la vit posée sur son gâteau, il ne fit qu’une chose …OUVRIR grand la fenêtre de sa chambre et prendre le premier cahier venu dans son cartable pour la chasser !

Plus alléchée encore par l’odeur de la liberté que par celle du chocolat, Séraphine prit ses ailes à son cou et, hop, retrouva le bon air qu’elle aimait tant. Elle s’envola non sans avoir fait un joli clin d’œil à Martin, posté à sa fenêtre, se léchant les doigts plein de chocolat !

Histoire de la puce qui baillait…



Il était une fois une puce qui habitait sur un chien.
Et la puce s’ennuyait, s’ennuyait…elle baillait, baillait. Le chien, dans sa niche, ne sortait jamais et dormait tout le jour et toute la nuit. Alors la puce baillait, baillait à s’en décrocher sa mâchoire de puce. Dieu qu’elle s’ennuyait ! ce n’était pas une vie pour une puce !

Un jour, un petit garçon arriva dans la maison. Il sortit dans le jardin.
Chaque jour, il jouait au ballon, à la balle, il faisait du vélo…
Quand  un beau dimanche, il vit le chien dans sa niche et…la puce qui baillait, baillait…
Il s’approcha et caressa le chien au-dessus du museau. Il dit : «  allez, le chien ! tu viens jouer avec moi à la balle ? »

Le chien souleva un œil, puis une oreille , puis l’autre œil et l’autre oreille . Il souleva une patte avant, les deux. Il souleva une patte arrière, puis les deux. Et enfin, il remua la queue ! La puce s’en trouva toute secouée !

Le chien sortit de sa niche et courut après la balle du petit garçon. La puce en sauta de joie ! Elle retrouvait sa vie de puce !
Désormais, tous les jours, le chien attendait l’heure de jouer avec le petit garçon.

Et la puce cessa à tout jamais de bailler !!

Flaque de mousse

J’ai retourné mon cœur dans tous les sens
J’ai fouiné, fouillé partout, en vrai , j’te l’dit
Je l’ai retourné tout en vrac, tu penses
Dans ma bouche, sept fois au moins, pardi

Pas un kopec, rien de rien, quel cancre
J’aurais dû le croire, le mauvais œil qui disait
Que j’étais pas cap’, là-dedans, dans le ventre
De conduire une barque, à coup sûr elle chavirerait…

Bonne fille, bien élevée, j’ai pourtant essayé
De grandir, toute propre, pimpante et gaie
Mais voilà, c’est tout flop, fatiguée de pagayer
C’est trop difficile toutes ces basses et hautes marées

Y’avait bien, à certains moments, des petits feux
Des allumettes, des yeux, des mains et des chut…
Ça aurait pu avec un peu de sel dans les creux
Faut renoncer, payer encore ce bois si brut

Tu sais, je l’ai bien retourné mon cœur,
Le bougre, y m’en a fait voir des couleurs
Le filou, j’en ai écrasé, piétiné des ardeurs
Z’étaient belles, mais pfitt, quel blagueur

J’ai renversé mon cœur dans toutes ces poches
Sur ces arbres de sang, j’ai tracé plein d’encoches
Pi, j’me suis dit, c’est fini, c’est trop moche
Va voir ailleurs, soulève tes galoches

Alors, tu vois, j’suis ici mais pas vraiment,
J’suis partie loin et pour une lurette si belle
Personne me rattrapera, sur ma jument
J’m’échappe au bras d’un arc-en-ciel…


Certains…

Là où certains se retiennent

Je coule, m’enroule et découle

Dégoulinante, le ventre vide
Ongles pointés dans la chair

Là où certains se maintiennent
Je glisse, réglisse et plisse
Jusqu’à ne plus sentir mon dos
Dégrafée, croquante et pâle

Là où certains se contiennent
Je me répands, infuse et diffuse
Incapable de petits pas menus
Traquée, pantelante, aux aguets

Au bout du quai, pas de promenade
Je me dirige, m’érige et m’écrase
C’est tout sec, tout mou, tout flasque
Souffle à bout portant, démonté

Au sortir du champ, pas de gazelle
Je me débarbouille et m’écrabouille
Des pieds et des mains pour tout faire
Sauf radieuse devenir et m’appeler

Là où certains se retiennent
Je culmine, piétine et devine
A gorge déployée, envolée
Un cri immense et déterré

La fée cabossée

Ce même chemin, ce même banc,
La pierre, histoire de prouver
Que le mal me va comme un gant
Trop drôle, je souris à en crever

Un pas, l’un après l’autre, tout
Ca très gentiment, faut pas troubler
Le sommeil de celui qui se fout
De mes sentiments, de soie doublés

Je suis grande, maintenant, bien dressée
Sur mes hauts talons, aiguilles plantées
Dans ta chair, me voilà, avancée,
Si tu l’oses vraiment, ta fée cabossée

Viens la chercher…

Contre moi,

Contre le vide, les vitres même fêlées,
Les portes lourdes, les nuages, les bulles
D’eau, de savon, d’air mêlés
Je me cogne le cœur, pauvre pendule

Rien ne cède, ni ne lâche, ni ne passe
Le corps meurtri, les épaules rentrées,
Les doigts serrés, tout à sa place
Comme toutl’temps, de mon éternité

Comment dire « tout ça, c’est joli »
Alors que ça sonne toc, flop et patatras
Comment dire « tout va bien , il fait chaud ici »
Lors que ça gèle de si haut, tout en bas

Derrière tout ça, y’a des cris, très fort
Un petit air qui trotte sans arrêt dans la tête
Viens, allons jouer, amusons-nous encore
Tout est très grave, pas une simple pirouette

Des virgules, facile, ça s’efface
La suspension tient dans mes poings
Je tire des traits si fins, ça agace
Mon point final, lui, se voit bien

A jamais cassée, la toute petite fille
Des égratignures, beaucoup de sang perdu
Une femme bien enfouie sous des guenilles
Et ses larmes évanouies, vrai torrent repu

Contre le vide, les vitres toute fêlées,
Les lourdes portes, les nuages, les billes
D’eau, de verres, de plomb mêlés
Je cours, éperdue, une si  petite fille



Tu n’aimes pas…

Tu n’aimes pas que j’te dise que je t’aime
Voilà c’est comme ça, vraiment comme ça
Ni les aiguilles piquantes, ni le vent, ni le froid
Et toutes ces choses qui me font d’la peine

Tu n’aimes pas que j’sois là à t’attendre
Voilà c’est comme ça, seulement comme ça
Ni les portes closes avec leurs gros cadenas
Qui ne servent au silence qu’à se suspendre

Tu n’aimes pas que mon amour soit violent
Voilà c’est comme ça, invariablement comme ça
Rien de rien, ni tous ces mots qui font bla-bla
Ni les totems, ni les tabous, ni les ardents

Tu n’aimes pas que je t’aime tout en dedans
Voilà c’est comme ça, sans doute comme ça
Tu tires, tu voles, tu pleures et le soir tu t’en vas
Pendant que je me mors le cœur et serre les dents

Tu n’aimes pas que j’te dise que je t’aime
Voilà tu sais bien que c’est surtout pour ça
Que sur les pavés, sous les ponts, petit soldat,
Je suis debout envers et contre tout, à ton endroit

Tu n’aimes pas que j’te dise que je t’aime
Et pourtant , tu le sais, c’est bien comme ça
Que les filles sont des reines avec leurs falbalas
Et que les poissons enchantent leurs belles sirènes

Tu n’aimes, mon amour, absolument rien de tout ça
Mais moi, je n’aime à tout perdre que toi.

Au-delà de...

Au-delà de tout

Ce qui neige, ce qui vente,
Mes lèvres forment les lettres de ton nom
Comme de la buée sur la vitre

Au-delà de tout
Ce qui s’élance, ce qui s’écrase
Je murmure à en perdre le souffle
Que je t’aime, au fond

Au-delà de tout
De toi et de tes refuges,
Je me jette à corps éperdu
Contre tes points de suspension

Au-delà de tout
De la maison à retaper
Du thé vert qui refroidit
Des madeleines joufflues sur la table

Au-delà de tout
Des doutes et des cartomanciennes,
Mon amour, tu me rattrapes par le bras
A chaque coin de rue

Au-delà de tout et de toi
Je t’aime à jamais
A l’infini de tes jours
Dans le rock et le slow

Au-delà de moi
Du temps qu’il fait
Et des nuits toute blanches
Tiens, retiens, détiens-moi

Au-delà de toi et moi
Dans le sucré, salé, épicé
Du bout des doigts, je te croque
Mon délicieux, mon savoureux

Au-delà de tout
Mon ultime, mon vivant,
Ouvre-toi en très grand
A tire d’ailes tu te déploies

Là, au-delà de…
Je t’aime, au fond.

Tempête de sable

Genoux, mains, cœur
Ca tremble de partout,
Pas de mots, juste des gestes
Pour caresser
Et les yeux pour vibrer
Et les lèvres à effleurer
Et l’évidence en plein visage

Ma tempête de sable amoureux,
Mon lit de douceur subtile,
Mon croqueur de vie,
Mon passager, mon messager,

Je ne suis qu’une force tendue vers toi
Au-delà du temps et des nuages
Je ne suis qu’une femme, simplement une femme.

Les Mots en Premier

"Les Mots en Premier"..., à la source de ce qui me définit et me construit. Je respire, depuis l'enfance, à "plein mots" et c'est cette respiration que je choisis aujourd'hui de partager, d'insuffler aux autres.

Mon coin des z'enfants

Mon coin des z'enfants
Une rencontre d'illustrateurs...et une dédicace !

Mon coin des z'enfants

Mon coin des z'enfants

Grâce à BOB

Grâce à BOB
Le Serment de Kent Harrington

A propos de...Le Serment de Kent Harrington Folio Policier éditions Gallimard

Merci à BOB... surtout !

L'auteur : San Francisco, 1952, naissance de K.Harrington. Ecrivain et scénariste, il partage sa vie entre les Etas-Unis et le Mexique, très présent dans son oeuvre. A priori, il lui aurait fallu dix ans et deux romans " en attente" pour être publié.

Quelques lignes sur l'histoire : Collin Reeves, jeune médecin, établit une sorte de "pont" entre l'ambassade des Etats-Unis et le Mexique, via la CIA. Appelé pour soigner des touristes américains, sa route croise celle de Dolores Rios dont le mystère va le fasciner. Alors que le terrorisme menace les intérêts américains, C.Reeves devient un véritable pion sur le damier des enjeux et des drames en puissance...Une bataille rangée de tensions, de géopolitique et d'émotions.

Un certain point de vue de lectrice

En premier lieu, oui, c'est bien un "triller"; ceux qui apprécient pourront prendre du plaisir à lire ce roman. Les fils s'entremêlent, les enjeux, les complots, les sentiments, les pays. Et finalement, la solitude ?... Mais, au-delà, c'est l'écriture complètement cinématographique qui me frappe. Les lieux, la taille des pièces, les couleurs des murs, leurs taches, les odeurs de transpiration, les teintes des vêtements, les matières, les bruits, les sonneries de porte, de réveil qui rythment inexorablement les lignes et donnent le tempo de ce livre.

Pères et fils

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Un court roman à découvrir

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Délit de vagabondage

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Prendre le temps d'y réfléchir...

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